Parce que… c’est l’épisode 0x2F4!

Shameless plug

Description

Présentation de l’invité et de la plateforme

Dans cet épisode spécial enregistré dans le cadre de la cohorte Propolys, Nicolas reçoit Elnathan Tiokou, fondateur et CEO de Vraust.ai (vraust.ai). Cette startup québécoise se spécialise dans la prévention des arnaques (scams) en temps réel, ciblant principalement les citoyens canadiens les plus vulnérables. Elnathan présente sa plateforme comme un outil capable d’évaluer en quelques secondes si un site web, un courriel ou une conversation téléphonique présente des signes de fraude, en retournant un score de risque accompagné de recommandations concrètes.

Comment fonctionne la fraude aujourd’hui

Elnathan rappelle que la grande majorité des fraudes modernes repose sur le social engineering, c’est-à-dire la manipulation psychologique des victimes. Il illustre le propos avec un exemple parlant : un parent âgé qui tombe sur une fausse plateforme d’investissement et qui, faute de pouvoir rejoindre un proche plus averti, n’a aucun moyen de vérifier la légitimité du site.

L’intelligence artificielle a considérablement amplifié la menace. Les fraudeurs peuvent désormais cibler des dizaines de milliers de personnes simultanément, avec des messages rédigés dans un français impeccable, rendant la détection humaine de plus en plus difficile. Même des professionnels en cybersécurité peuvent se faire piéger, comme Nicolas l’admet lui-même au fil de l’échange.

Les axes d’analyse de Vraust.ai

La plateforme s’appuie sur trois grandes familles d’analyse :

  1. L’analyse textuelle : courriels, sites web, messages de romance scam sur les réseaux sociaux. La plateforme effectue une analyse sémantique et sentimentale du contenu pour détecter les tentatives de manipulation.

  2. L’analyse vocale : les arnaques par appel téléphonique ou en vidéoconférence (Zoom, Teams) sont également couvertes. L’outil repère des signaux comme l’urgence dans le ton, les silences inhabituels ou les incohérences dans le discours.

  3. L’analyse technique : vérification de l’adresse IP, localisation du domaine, et autres indicateurs classiques en cybersécurité qui permettent de tracer l’origine d’une tentative de fraude.

Ces trois couches alimentent un score de risque global, accompagné d’une catégorisation du type d’arnaque détecté (job scam, romance scam, fraude bancaire, etc.) et d’un lien vers des ressources gouvernementales présentant des situations similaires déjà documentées.

La cible : les personnes vulnérables, pas les convaincus

Elnathan soulève une statistique frappante : 78 % des adultes canadiens se disent confiants dans leur capacité à détecter une fraude, alors que 23 % d’entre eux continuent pourtant d’en être victimes. Cette fausse assurance crée un angle mort dangereux : plus on se croit invulnérable, plus on baisse sa garde.

Plutôt que de dépenser énergie et capital à convaincre cette majorité confiante, Vraust.ai concentre ses efforts sur les segments les plus exposés : les personnes âgées, d’une part, et les jeunes de 13 à 18 ans, d’autre part — ces derniers représentant 25 à 27 % des victimes de fraude, un chiffre souvent méconnu. La stratégie commerciale repose sur un forfait familial : un adulte inscrit peut y intégrer ses parents et ses enfants, ces derniers ne pouvant rejoindre la plateforme qu’avec autorisation parentale.

Une intégration pensée pour réduire la friction

Actuellement, la plateforme fonctionne comme une interface conversationnelle en ligne — l’utilisateur y colle un texte suspect et reçoit une analyse instantanée. La prochaine étape, en cours de développement, est une application en arrière-plan (overlay) installée sur téléphone ou ordinateur. Celle-ci restera invisible dans l’usage quotidien et n’alertera l’utilisateur que lorsqu’une situation suspecte est détectée : un appel entrant frauduleux, un site web malveillant, etc.

L’utilisateur garde le contrôle : il choisit quelles applications faire surveiller. La vie privée est au cœur de la conception — les données des utilisateurs ne sont pas stockées par défaut, et le modèle tourne en grande partie localement sur l’appareil.

Simplifier le signalement aux autorités

L’un des problèmes majeurs soulevés dans l’épisode est la barrière au signalement. Selon Elnathan, les 643 millions de dollars de pertes liées à la fraude rapportés l’an dernier au Canada ne représentent que 5 à 10 % des fraudes réelles — le reste n’étant jamais déclaré, souvent par honte, par découragement ou par manque de temps.

Vraust.ai cherche à réduire ce processus à un seul clic : la plateforme structure automatiquement l’information (numéro du fraudeur, type d’arnaque, localisation potentielle) et la transmet aux autorités compétentes — en commençant par le Québec. Des échanges sont déjà en cours avec les autorités locales pour bâtir ce pipeline de signalement. Une fonction de rapport vocal est également prévue, permettant à une victime de simplement raconter son histoire à voix haute pour que la plateforme l’analyse et la transmette.

En conclusion : la fraude se combat en communauté

Elnathan conclut l’épisode par un appel au partage et à la déstigmatisation. Se faire arnaquer n’est ni une honte ni un signe d’ignorance — tout le monde peut en être victime. Il encourage chacun à reporter ses expériences, car chaque signalement alimente le modèle et protège les prochaines victimes potentielles. Nicolas renchérit : même les professionnels de la cybersécurité se font piéger, et 2026 s’annonce comme une année charnière dans la lutte contre la fraude numérique au Canada.

Notes

Collaborateurs

Crédits

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Tags: fraude, startup


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