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Description
Introduction
Dans cet épisode spécial du podcast Police Secure, Alexandre Fournier aborde la question cruciale de notre dépendance excessive au numérique, analysant les enjeux de résilience tant sur le plan humain que sociétal. À travers des exemples concrets et des mises en situation, les animateurs explorent les conséquences de cette dépendance et proposent des solutions pour développer notre résilience numérique.
La mise en situation révélatrice
Alexandre commence par une expérience vécue : imaginer devoir prendre un avion après avoir oublié son téléphone aux toilettes, sans possibilité de retour. Cette situation, bien que stressante, met en lumière l’ampleur de notre dépendance. Sur nos téléphones se trouvent désormais notre messagerie, nos moyens de paiement, notre GPS, nos outils d’authentification à deux facteurs, et une grande partie de notre vie numérique. Se retrouver sans cet appareil, c’est se sentir nu, vulnérable, déconnecté de sa propre existence.
La question posée aux auditeurs est simple mais profonde : combien de temps pourriez-vous tenir sans votre téléphone avant que cela ne pose de réels problèmes ? Cette interrogation invite chacun à réfléchir sur sa propre dépendance et sur les risques associés.
L’évolution post-pandémie
Les animateurs soulignent que la situation s’est considérablement aggravée ces dernières années, particulièrement depuis la pandémie. Il y a cinq ans, perdre son téléphone était problématique, mais aujourd’hui, c’est devenu catastrophique. L’authentification à deux facteurs est désormais obligatoire pour de nombreux services, les coffres-forts de mots de passe sont souvent uniquement sur mobile, et certains services nécessitent absolument un téléphone avec SMS. La société moderne présume que chacun possède un téléphone cellulaire en permanence, et à peine 1% de la population refuse encore d’en avoir un.
Les multiples facettes de la dépendance
Communication et mémoire
L’un des aspects les plus frappants est la perte de mémoire des numéros de téléphone. Les animateurs constatent que le seul numéro dont ils se souviennent encore est celui de la maison familiale de leur adolescence, à l’époque des téléphones filaires. Cette atrophie de la mémoire illustre parfaitement comment nous déléguons systématiquement à nos appareils tout ce que nous pouvons : dates, numéros, rendez-vous. Le téléphone intelligent nous rend paradoxalement moins intelligents.
Finance et paiements
La dépendance s’étend aux transactions financières. Beaucoup utilisent leur téléphone pour payer, consulter leurs comptes bancaires, effectuer des virements. Sans téléphone, impossible de payer si on n’a pas sa carte physique. Alexandre insiste sur l’importance de toujours avoir un minimum de liquide (100 dollars) sur soi, car en cas de panne des systèmes électroniques, l’argent comptant reste le seul moyen d’acheter l’essentiel : eau, nourriture, essence.
Orientation et repères géographiques
Le GPS a complètement transformé notre rapport à l’espace. Les gens ne connaissent plus leur propre ville et dépendent entièrement de leur téléphone pour se déplacer. Cette perte des repères géographiques représente une vulnérabilité majeure. Les cartes papier sont devenues obsolètes, considérées comme “old school”, alors qu’elles constituent une solution de secours essentielle.
Travail et productivité
Le télétravail et le cloud (Teams, M365) ont créé une dépendance totale à Internet et à l’électricité. Sans connexion, impossible de travailler. Les plans de reprise d’activité sont rarement adaptés à cette nouvelle réalité où les employés travaillent de chez eux, sans avoir nécessairement prévu les solutions de secours nécessaires.
Les conséquences humaines et psychologiques
Stress et anxiété
La perte du téléphone génère un stress comparable à celui ressenti face à des besoins physiologiques non satisfaits. C’est un sentiment d’inconfort profond, d’impuissance, comme si une partie de soi-même avait disparu. Alexandre partage qu’il peut tenir cinq jours sans téléphone dans un contexte contrôlé et sécurisé, mais seulement une demi-journée dans la vie quotidienne avant de ressentir une anxiété significative.
Atrophie cognitive et l’effet ChatGPT
Les animateurs abordent l’impact de l’intelligence artificielle, particulièrement ChatGPT, sur nos capacités cognitives. L’IA nous rend “totalement idiots” en étant toujours d’accord avec nous, quelle que soit notre position politique ou nos opinions. Cette absence de contradiction empêche le développement de notre pensée critique et de notre capacité à débattre de manière constructive. Le numérique atrophie progressivement notre cerveau, comme les réseaux sociaux exploitent notre paresse naturelle pour nous maintenir dans une zone de confort intellectuel.
Panique sociale et inégalités
En cas de panne prolongée (plus de 24 heures), on observe des comportements irrationnels : ruée vers les supermarchés, panique collective. Les plus vulnérables - aînés et personnes isolées - sont les plus touchés. Les jeunes générations, qui passent leur vie sur leurs téléphones, sont également très fragilisées face à une absence d’écran.
Les risques systémiques
Infrastructures critiques
L’exemple de la panne Rogers en 2022 au Canada illustre parfaitement les risques : des millions de personnes se sont retrouvées sans accès au 911, aux paiements, aux télécommunications. Les cyberattaques sur les hôpitaux causent des morts réelles en annulant des rendez-vous et en redirigeant des patients. Une panne d’électricité affecte les feux de circulation, créant des embouteillages qui empêchent les secours d’intervenir efficacement.
Dépendance géopolitique
Les animateurs soulèvent une question inquiétante : voulons-nous d’une société où une panne d’un fournisseur peut paralyser tout un pays ? Ils évoquent le scénario où un décret américain pourrait obliger Microsoft à couper l’accès à M365 pour tout un pays, paralysant ainsi la majorité des entreprises qui dépendent de cette plateforme. Cette dépendance à des services sur lesquels nous n’avons aucun contrôle représente un risque majeur pour la souveraineté numérique.
Solutions et résilience
Préparation individuelle
Alexandre propose plusieurs actions concrètes :
- Noter sur papier les numéros de téléphone essentiels (cartes réflexes dans le portefeuille)
- Garder du cash en réserve (100 dollars minimum)
- Disposer d’une autonomie électrique minimale (batteries, lampes, radio à manivelle)
- Avoir des filtres à eau et des moyens de subsistance de base
Entraînement à la déconnexion
Il est essentiel de s’entraîner régulièrement :
- Une journée sans électronique par mois
- Simuler des situations de blackout en famille
- Établir des points de rencontre physiques en cas de séparation
- Préparer un kit 72 heures sans numérique
Éducation et sensibilisation
Les animateurs appellent à intégrer la résilience numérique dans les programmes scolaires dès la maternelle, pour apprendre aux jeunes générations à utiliser correctement l’électronique tout en développant leur capacité à fonctionner sans. Cette éducation devrait s’étendre à l’antifragilité en général, pour former des citoyens capables de faire face aux crises.
Conclusion
Le podcast se termine sur une réflexion puissante : la question n’est pas de savoir si le numérique tombera, mais quand il tombera. La vraie résilience consiste à rester debout même quand nos écrans s’éteignent. Nous ne pouvons pas nous couper du numérique dans la société actuelle, mais nous pouvons et devons réduire notre dépendance pour mieux encaisser le jour où l’infrastructure numérique faillira.
Les trois défis concrets proposés aux auditeurs sont simples mais essentiels : noter des numéros importants sur papier, essayer une journée sans cellulaire, et préparer un kit de survie 72 heures. Ces actions, bien que modestes, constituent les premiers pas vers une véritable autonomie face à notre dépendance technologique croissante.
Collaborateurs
Crédits
- Montage par Intrasecure inc
- Locaux virtuels par Riverside.fm
Tag: numerioque
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