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- 1 au 3 décembre 2026 - Ottawa, Canada - Forum inCYBER Canada
- I.A. Café - Enquête au cœur de la recherche sur l’intelligence artificielle
Description
Présentation et parcours
Dans cet épisode spécial de Polysécure, Yanis Ould Mahammed, étudiant en 4e année de génie logiciel à Polytechnique Montréal, présente Chronhr, une startup qu’il a cofondée avec Aziz, candidat au doctorat en cybersécurité à Polytechnique et également CTO de l’entreprise. Aziz, qui travaille chez Morgan Stanley, a identifié un enjeu majeur lié à la fraude et au blanchiment d’argent dans le cadre de son travail. Grâce à sa compréhension approfondie de l’intelligence artificielle, il a validé l’idée en discutant avec des analystes du domaine avant de proposer à Yanis, rencontré au sein d’une association étudiante, de le rejoindre dans l’aventure.
L’accompagnement de Propolys
Les deux cofondateurs ont postulé et ont été retenus pour intégrer le programme d’accompagnement Propolys, une expérience que Yanis décrit comme extrêmement formatrice puisqu’il s’agissait de sa première entreprise. Le programme leur a fourni une base solide en entrepreneuriat, en les aidant à comprendre le fonctionnement réel du milieu plutôt que ce qu’on peut voir sur YouTube. L’accompagnement combine des rencontres hebdomadaires ou bimensuelles avec des mentors pour discuter des avancements et des prochaines étapes, ainsi que des ateliers de deux heures, deux fois par semaine, animés par des professionnels de différents secteurs (cybersécurité, medtech, cleantech). Ces ateliers sont surtout orientés vers le développement des compétences business — validation d’idées, élaboration d’un Business Model Canvas (BMC) — plutôt que vers les aspects purement techniques, bien que certaines formations sur le déploiement et les processus aient aussi été offertes.
Le problème identifié : l’AML manuel et vieillissant
Chronhr s’attaque à un problème concret dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d’argent (AML). Les fondateurs ont observé que les systèmes actuels utilisés par les institutions financières sont désuets, que l’extraction de données prend énormément de temps au détriment de l’analyse, et que les erreurs humaines sont fréquentes en raison de la nature répétitive du travail. Les analystes doivent traiter un grand nombre de cas quotidiennement, ce qui crée un arriéré constant. À cela s’ajoute une pression réglementaire croissante au Canada, notamment de la part du CANAFE (Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada) et de FINTRAC. Toute entreprise disposant d’un système de transactions — banques, sociétés de services monétaires, entreprises fintech, crypto, immobilier, casinos, assurances et prêteurs — doit se conformer à ces obligations, sous peine de sanctions financières sévères en cas de blanchiment non détecté.
La solution technique
Chronhr propose une équipe d’agents virtuels d’intelligence artificielle qui automatise les tâches répétitives liées à la collecte de données, à l’analyse et à la rédaction de rapports pour les analystes AML. Le système est conçu pour être modulaire et s’intègre aux infrastructures existantes plutôt que de les remplacer entièrement. Concrètement, lorsqu’une alerte est générée par un système externe détectant une transaction suspecte, Chronhr crée automatiquement un dossier (case) regroupant les alertes pertinentes. Un orchestrateur mobilise ensuite plusieurs agents pour aller chercher des données dans les bases de transactions, les dossiers KYC (Know Your Customer) et les listes réglementaires gouvernementales, afin notamment de vérifier si une personne est politiquement exposée.
Le traitement combine des règles déterministes — des formules éprouvées pour détecter des schémas circulaires ou des structures de type « fan-in/fan-out » typiques du blanchiment — avec des composantes d’IA générative, dont la nature non déterministe est encadrée par des balises strictes. Yanis compare cette architecture à un patron de conception de type « décorateur », où chaque couche d’information vient s’ajouter aux précédentes pour former un rapport riche, semblable à un « gâteau mille-feuilles » de données.
Le rapport final n’est pas un simple document statique : il comprend des graphiques interactifs, de la visualisation de déplacement de données, des fonctionnalités de recherche de réseau (network research) permettant de visualiser les relations entre comptes et transactions, ainsi que des espaces pour les commentaires des analystes. L’objectif est de permettre à l’analyste de prendre une décision plus rapide et mieux informée.
Confidentialité et flexibilité technologique
Un enjeu central pour le secteur financier est la protection des données. Chronhr a conçu son système pour être entièrement modulable au niveau du choix des modèles d’IA utilisés, avec la possibilité d’injecter des prompts personnalisés. Les données ne quittent jamais les infrastructures du client — aucune information sensible n’est envoyée dans le cloud — et le système peut fonctionner entièrement on-premise. Seules des données non sensibles comme les journaux (logs) et statistiques sont transmises à Chronhr. L’équipe a testé plusieurs modèles, notamment ceux d’Anthropic et d’OpenAI, avec des résultats satisfaisants, bien qu’ils prévoient une phase plus scientifique de validation avec des jeux de données dédiés.
Étapes actuelles et ambitions
Actuellement, l’équipe a développé une banque de données synthétiques pour tester sa solution et cherche désormais à décrocher un projet pilote avec un premier client réel, dans un marché reconnu pour ses coûts d’entrée élevés. Elle s’appuie sur un comité consultatif (advisory board), sur le soutien de Propolys, ainsi que sur des discussions en cours avec PwC et KPMG pour établir des partenariats stratégiques.
Chronhr prévoit plusieurs apparitions publiques : l’entreprise a été sélectionnée dans le top 100 des compagnies en intelligence artificielle au Canada et présentera un kiosque au Forum FinTech les 14 et 15 septembre, ainsi qu’au GoSec fin septembre. Pour l’instant, l’entreprise cible exclusivement le marché canadien avant d’envisager une expansion vers les États-Unis, où la concurrence est plus forte. Le nom Chronhr, orthographié différemment de « Cronher », est né de la fusion des mots Chronos et Hermès — un clin d’œil approprié à une solution qui vise justement à faire gagner un temps précieux aux analystes AML, avec l’ambition d’atteindre une amélioration de vitesse et de simplification de 4 à 5 fois supérieure aux méthodes actuelles.
Notes
Collaborateurs
Crédits
- Montage par Intrasecure inc
- Locaux réels par Next AI
Tags: fraude, propolys, startup






